Icon Sport

Guy Novès: "Les joueurs ne pouvaient plus être des représentants commerciaux du rugby…"

Novès: "Les joueurs ne pouvaient plus être des représentants commerciaux du rugby…"

Mis à jourLe 06/02/2016 à 12:26

Publiéle 05/02/2016 à 18:15

Mis à jourLe 06/02/2016 à 12:26

Publiéle 05/02/2016 à 18:15

Dans cet article

Depuis sa prise de fonction, Guy Novès a imposé sa ligne de conduite sur et en dehors du terrain. Parmi les changements instaurés, le manager du XV de France a sensiblement réduit les interviews accordées par ses joueurs. Explications.

L’ambiance du "Château Ricard" semble bien loin. A l’époque, de 1980 à 2001, le domaine de La Voisine et ses 170 hectares à Clairefontaine-en-Yvelines accueillaient le XV de France dans une atmosphère conviviale. Et les médias pouvaient partager, sans flicage à la grille, quelques minutes avec les Bleus autour d’un café. Le rugby était amateur (jusqu’en 1995), internet n’existait pas et les journalistes étaient dix fois moins nombreux qu’aujourd’hui.

Retranchés depuis 2002 dans la torpeur du CNR de Linas-Marcoussis, les Bleus restaient malgré tout accessibles pour les journalistes. Entre le traditionnel rassemblement du dimanche à l’aéroport d’Orly et les différents points-presse de la semaine (jusqu’à 4 points-presse avec 6 joueurs par session, plus les entraîneurs adjoints la veille du match, NDLR), le XV de France offrait une large fenêtre de travail aux médias et une belle exposition à tous ses supporters. Mais ce temps est désormais révolu. Depuis sa prise de fonction, Guy Novès a calqué le système mis en place au Stade toulousain à l’équipe de France. Le changement est radical ! Et Marcatraz n’aura jamais aussi bien porté son nom ! Plus qu’un seul point-presse par semaine, avec quatre joueurs, sans compter la lénifiante annonce du XV de départ accompagnée du manager et de son capitaine.

Guy Novès (XV de France) - 19 janvier 2016
Guy Novès (XV de France) - 19 janvier 2016 - Icon Sport
" On fait un sport de combat collectif. Le rugby ça fait mal. Et quand on va au combat collectivement, il faut s’y préparer - Novès"

Mais au moment où le XV de France part à la reconquête de ses supporters, ce repli médiatique n’est-il pas préjudiciable ? "Je me suis attelé à ce que les joueurs comprennent qu’ils étaient là pour jouer au rugby", se justifie Guy Novès qui a également réduit les opérations avec les partenaires de l’équipe de France. "Les joueurs ne pouvaient plus être des représentants commerciaux du rugby. Jouer au rugby, c’est leur premier rôle. Dans ces conditions, on a l’impression qu’ils ont toutes les cartes en mains. Mon sentiment, c’est que l’image du XV de France ne peut passer que par le terrain. Et tout ceux qui sont passionnés regarderont le XV de France sur le terrain".

Si le référent média de l’équipe de France se défend de respecter le minimum d’ouvertures presse imposé par l’organisateur du Tournoi (RBS 6 Nations), cette faible exposition brise malgré tout l’image chaleureuse du rugby et de ses soi-disant valeurs. "Quand on va voir une pièce de théâtre, on va voir un acteur sur les planches", lance le manager des Bleus. "C’est ça la performance du joueur de rugby. C’est un petit peu comme les médias. Leur boulot, c’est de faire de bons papiers ou avoir de bonnes interviews. Mais on ne peut pas perturber quelqu’un qui est en train de travailler. On ne peut pas être concentré et avoir la même performance dans son travail. Petit à petit, on a glissé vers un excès qui peut être préjudiciable à la performance. Quand la performance sera au rendez-vous, peut-être qu’à ce moment là, les choses s’arrangeront vis-à-vis de leur capacité à donner leur sentiment".

Le sélectionneur du XV de France, Guy Novès, lors de l'annonce du groupe pour le Tournoi des 6 nations  - 19 janvier 2016
Le sélectionneur du XV de France, Guy Novès, lors de l'annonce du groupe pour le Tournoi des 6 nations - 19 janvier 2016 - Icon Sport
" Ça nous permet d’avoir moins de pression. C’est la manière de faire de Guy Novès. Ça a marché à Toulouse - Danty "

Outre la réduction des jours ouverts aux médias, Guy Novès ne se présentera plus les lendemains de matches pour le traditionnel debriefing. Fini également l’ouverture (historique) des vestiaires aux radios à l’issue de la rencontre. Guy Novès couve ses "élus". "Lorsque j’étais joueur, j’avais plus envie de préparer mon combat et mon travail que d’aller exprimer des choses alors que je ne m’étais pas encore mis en danger sur le terrain, souligne-t-il. Ceux qui me connaissent savent que je fonctionne comme ça depuis plus de 20 ans. Quelque part, ça permet de protéger les joueurs. Je rappelle qu’on fait un sport de combat collectif, que le rugby ça fait mal. Et quand on va au combat collectivement, il faut s’y préparer".

Et les joueurs dans tout ça, ces Bleus qui se tiennent à carreau, qu’en pensent-ils ? "Ça nous permet d’avoir moins de pression", avoue le trois-quarts centre Jonathan Danty. "Dans les années qui arriveront, peut-être qu’on aura le droit d’être un peu plus face aux médias (sourire). C’est la manière de faire de Guy Novès. Ça a marché à Toulouse alors si ça peut marcher en équipe de France, pourquoi pas…"

0 commentaire
Vous lisez :