Eddie Jones - Guy Novès - Icon Sport
6 Nations

France-Angleterre - Ce que Guy Novès cherche encore, Eddie Jones l'a déjà trouvé

Ce que Novès cherche encore, Jones l'a déjà trouvé
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Dernière mise à jour Le 19/03/2016 à 10:01 - Publié le 18/03/2016 à 11:35
Par Anthony Tallieu - Le 19/03/2016 à 10:01

6 NATIONS - Eddie Jones et Guy Novès partagent le fait d'avoir pris en main une sélection sinistrée au lendemain de la dernière Coupe du monde. Si l'Australien connaît des débuts fracassants avec un XV de la Rose, déjà assuré de remporter le Tournoi, l'ancien manager du Stade toulousain a encore du pain sur la planche.

"L'Angleterre est l'exemple à suivre". Dans la bouche du pilier Jefferson Poirot, joueur du XV de France, cette remarque sonne d'autant plus vrai. De notre côté de la Manche, on ne peut qu'avoir une vague idée de l'impact de l'élimination de la patrie du rugby en phase de poules d'une Coupe du monde sur son sol. Une compétition pour laquelle elle s'était préparée durant quatre ans avec pour unique objectif de la remporter. À côté, notre déculottée face aux All Blacks (62-13) paraît tout de suite moins désastreuse.

"C'est compliqué de comparer", objecte Novès. "Vous parlez d'une équipe sinistrée. Il s'agit d'une nation qui ne s'est pas qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde qu'elle a organisée. Ceux qui sont proches du terrain se sont toujours rendus compte qu'elle pouvait passer à côté d'un match et du coup louper la qualification, d'autant plus qu'elle se trouvait dans une poule très compliquée". Toujours est-il qu'au sortir de ce Mondial, Eddie Jones - comme Guy Novès - se sont vus attribuer la mission de rebâtir sur les cendres de la plus importante honte jamais connue par les deux sélections.

La déception de Mako Vunipola (Angleterre) après la défaite contre l'Australie - 3 octobre 2015
La déception de Mako Vunipola (Angleterre) après la défaite contre l'Australie - 3 octobre 2015 - Icon Sport

Un contexte similaire, deux réussites bien distinctes

Cinq mois après la Coupe du monde, à l'aube de disputer la dernière journée du Tournoi des VI Nations, l'heure est déjà au premier bilan. Sous ses nouvelles fonctions, Eddie Jones voit la vie en rose. Quatre victoires en quatre matches qui lui assurent le trophée. L'Italie nous a fait souffrir mille morts à Saint-Denis ? L'Angleterre est allée l'atomiser chez elle (9-40). Murrayfield a replongé les Bleus dans leurs doutes ? Il a lancé l'aventure de ce nouveau XV de la Rose (9-15). Chez lui, il a battu l'Irlande, double tenante du titre, de plus de dix points (21-10), et le pays de Galles (25-21), qui se présentait pourtant comme un géant dans cette compétition. "Vous dire qu'à l'heure actuelle l'Angleterre n'est pas un poil devant serait naïf", reconnaît d'ailleurs le Toulousain.

Jones a su relancer les joyaux de la couronne

Ce constat établi, il s'agit maintenant d'en définir les causes. À la différence de son homologue français, Eddie Jones n'a pas souhaité repartir de (presque) zéro. Il faut dire que contrairement au XV de France, les top joueurs anglais ne manquent pas. Brown, Watson, Joseph, Ford, Farrell, B.Vunipola... autant de pépites qui font référence en Europe et dont Guy Novès rêverait sûrement de pouvoir disposer dans son XV de départ.

Eddie Jones (Angleterre) - 12 mars 2016
Eddie Jones (Angleterre) - 12 mars 2016 - Icon Sport

"L'Angleterre avait, malgré son échec au Mondial, de grosses qualités sur les plans collectif et individuel. Elle ne les a pas perdues. Le travail de l'ancien sélectionneur était bon et j'ai l'impression que cela a été plus un enchaînement de projets avec l'arrivée de son successeur. Il y a sûrement quelques différences mais peut-être pas autant que dans notre cas. Notre groupe est différent de l'ancien alors qu'on retrouve dans celui d'Eddie Jones une grande majorité de joueurs qui était à la Coupe du monde. Vous dire qu'on aimerait connaître la même réussite immédiatement, bien sûr. Mais le chemin est peut-être un peu plus long en ce qui nous concerne". Le match de l'Écosse est là pour nous le rappeler.

Novès découvre le métier de sélectionneur, Jones dirige sa quatrième sélection

Ne limiter le succès de Jones qu'à la qualité de son effectif serait quand même lui faire offense. Avec les mêmes talents, son prédécesseur Stuart Lancaster n'a jamais pu ramener la couronne européenne à Londres. Tout comme Guy Novès, l'Australien a des kilomètres au compteur. Baroudeur infatigable, son parcours l'a mené à la tête des Wallabies (de 2001 à 2005) mais aussi en tant qu'adjoint de Jake White lors de la Coupe du monde 2007 remportée par l'Afrique du Sud et enfin au Japon (de 2012 à 2015), où ses Cherry Blossoms ont épaté la planète rugby durant le dernier Mondial.

Novès: "Cela ne fait que quarante ans que je suis dans le rugby"

Une expérience unique des sélections que Guy Novès, comme le groupe qu'il a formé, découvre, même s'il n'apprécie guère qu'on lui fasse remarquer. "J'étais bien conscient de ce qui m'attendait. On a dit que je n'avais pas d'expérience à ce niveau-là. C'est vrai, cela ne fait que quarante ans que je suis dans le rugby et ce n'est pas l'expérience acquise avec le Stade toulousain et les six finales de Coupe d'Europe qui font que j'ai l'expérience de l'équipe de France. Même si j'y ai joué un peu aussi".

Guy Novès au milieu de ses joueurs
Guy Novès au milieu de ses joueurs - AFP

Ce CV fourni rassure mais ne fait pas apparaître un passé de magicien, qui aurait la faculté de décupler Guilhem Guirado, jusqu'à présent le seul Bleu à atteindre avec régularité le très haut niveau mondial. "Je crois en notre équipe", assure toutefois Novès. "Dire que les joueurs français sont capables de relever un certain nombre de défis, je suis convaincu que oui". En remportant le Crunch samedi, ils égaliseront le record de victoires de Philippe Saint-André dans le Tournoi. Cela ne fait pas rêver, bien sûr, mais il faut bien partir de quelque chose.

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