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6 NATIONS - XV de France - François Trinh-Duc enfin prêt pour sa résurrection !

Trinh-Duc enfin prêt pour sa résurrection !

Mis à jourLe 11/03/2016 à 16:56

Publiéle 11/03/2016 à 16:30

Mis à jourLe 11/03/2016 à 16:56

Publiéle 11/03/2016 à 16:30

6 NATIONS - Huit ans après sa première sélection avec les Bleus face à l’Ecosse, François Trinh-Duc (29 ans, 51 sélections) retrouvera Murrayfield (dimanche, 16 heures) comme titulaire du XV de France. Focus sur ce joueur à part du rugby français.

Et si Murrayfield le ressuscitait pour de bon ? Cette terre d’Edimbourg qui fit de lui le 997e international français ! Huit ans après sa première sélection sous la tunique frappée du Coq, le 3 février 2008 face à l’Ecosse (6-27), François Trinh-Duc honorera dimanche (16 heures) sa 52e sélection avec le XV de France. Préféré à Jules Plisson, le demi d’ouverture du MHR retrouve une place de titulaire dans le Tournoi des 6 Nations qui le fuyait depuis trois ans (sa dernière titularisation remontait au 23 février 2013 face à l’Angleterre : défaite 23-13, NDLR). "Le terme de titulaire est un terme que je n’emploie pas", se défend néanmoins le manager Guy Novès. "François faisait partie des premiers convoqués. Ils étaient dans nos plans avec Jules. Ils tiennent les clés du camion à l’heure actuelle. Petit à petit, François a rejoué avec son club. Ça nous semblait intéressant de le voir à l’œuvre sur ce match là".

Maxime Machenaud et François Trinh-Duc (XV de France) - 23 février 2016
Maxime Machenaud et François Trinh-Duc (XV de France) - 23 février 2016 - Icon Sport
" Il nous semblait intéressant de voir François à l’œuvre sur ce match là… (Guy Novès)"

Rappelé par le nouveau sélectionneur pour participer aux stages préparatoires du mois de janvier, François Trinh-Duc s’inscrit clairement dans le projet de Guy Novès et de son staff dans l’optique du Mondial 2019 au Japon. Intermittent sous le mandat de Philippe Saint-André (15 sélections contre 35 sous Marc Lièvremont, NDLR), le minot du Pic Saint-Loup, son club formateur, semble désormais en pleine maturité pour s’installer (à nouveau) au poste d’ouvreur. "François va s’épanouir dans le registre de jeu porté par Guy Novès et Jeff Dubois", nous confie le demi de mêlée du Stade français Julien Tomas qui a grandi et joué aux côtés du Montpelliérain. "Avec l’âge, il se sent du côté des tauliers. Il ne se pose plus de questions à se ronger sur l’équipe de France. Sa base, sa force de numéro 10 est d’être un créateur. Un génie dans le jeu. Il sent les attaques et il arrive à créer. En plus, c’est un 10 assez physique. Il n’a pas peur d’aller se frotter à des défenses".

François Trinh-Duc (XV de France) - 14 août 2015
François Trinh-Duc (XV de France) - 14 août 2015 - AFP
" Que ce soit les entraîneurs, les journalistes ou les sélectionneurs, ça a toujours été tout ou rien avec lui… Il le vivait mal (Julien Tomas) "

Absent de la dernière Coupe du monde, François Trinh-Duc porte une carrière jonchée de désillusions à l’image du Mondial 2011 qu’il termina sur le banc des remplaçants au profit de Morgan Parra. "Que ce soit les entraîneurs, les journalistes ou les sélectionneurs, ça a toujours été tout ou rien", explique Julien Tomas. "Il le vivait mal mais il a su grandir. Mais dans le futur, l’équipe de France en aura besoin. A des postes clés comme la charnière, c’est bien d’avoir des novices pour les mettre dans le bain au début mais sur des matches couperets, c’est important d’avoir quelqu’un avec l’expérience du haut niveau, notamment à l’extérieur. Ça peut faire la différence". Pointé du doigt pour un jeu au pied aléatoire, l’Héraultais a su gommer ces carences dans son jeu. "Il savait qu’il avait quelques lacunes à corriger", souligne Tomas. "Il a su prendre sur lui, grandir. Il a bossé dans son coin".

François Trinh-Duc (XV de Fance) à l'entraînement
François Trinh-Duc (XV de Fance) à l'entraînement - Icon Sport
" Il faut à ses côtés un demi de mêlée éjecteur, qui colle au ballon, qui ne le porte pas trop, qui alimente pour le 10 (Julien Tomas)"

Entré en jeu (63e) face aux Gallois (19-10, Trinh-Duc a immédiatement pesé sur le cours de la rencontre à la différence d’un Jules Plisson en perdition sur la pelouse de Cardiff. "Jules était un peu dans le dur", reconnaît Julien Tomas, son coéquipier au Stade français. "François a amené de la fraîcheur, un peu plus de dynamisme. Ça se sent qu’il joue désormais plus libéré, qu’il joue les coups à 100%". Associés pour la première à Maxime Machenaud dès le coup d’envoi, les deux hommes devront rapidement rassurer un collectif tricolore encore fébrile. "Il faut à ses côtés un demi de mêlée éjecteur, qui colle au ballon, qui ne le porte pas trop, qui alimente pour le 10", explique Julien Tomas. "Sinon, les deux mangent un peu le coup et vont taper dans la défense. François aime bien venir prendre les ballons à plat".

Trinh-Duc et Tomas en 2008 face à l'Ecosse
Trinh-Duc et Tomas en 2008 face à l'Ecosse - Midi Olympique
" Sa force de numéro 10 est d’être un créateur. Un génie dans le jeu (Julien Tomas)"

En huit ans, François Trinh-Duc a bien changé. Oh, pas en profondeur. Mais le joueur insouciant qui jouait tous les ballons a acquis une dimension de tacticien. "Comme c’est un attaquant qui aime porter le ballon, attaquer les défenses au près, il fallait qu’il trouve une alternance", confie Julien Tomas. "Quand tu es jeune, tu te focalises sur ta technique individuelle, sur le jeu mais moins sur une stratégie, une tactique de match. François jouait beaucoup à l’instinct. Maintenant, il sait prendre plus de profondeur quand il le faut, alterner son jeu au pied et d’attaquant. Il sait quand il doit aller affronter cette défense ou plutôt jouer sur un pas pour faire jouer les centres et décaler le jeu. Il a su analyser, trouver un juste milieu dans son registre de créateur et de stratège". Reste alors à confirmer que François Trinh-Duc est bien l’ouvreur qui convient au XV de France.

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