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6 NATIONS - Triste fin de règne pour Jacques Brunel à la tête de l'Italie

Triste fin de règne pour Brunel à la tête de l'Italie
Par AFP

Le 19/03/2016 à 10:01

6 NATIONS - Après un peu plus de quatre ans à la tête de l'Italie, Jacques Brunel quittera ses fonctions samedi au pays de Galles, sans avoir fait progresser les Azzurri, à nouveau menacés de la cuillère de bois.

Au mieux une stagnation, peut-être même une légère régression. Le bilan définitif de l'ère Brunel se fera après le match à Cardiff mais on sait déjà que le technicien français, qui entraînera la saison prochaine les avants de Bordeaux-Bègles, ne laissera pas la place beaucoup plus nette que quand il y est entré. Les Italiens n'ont ainsi rien fait de probant depuis le Tournoi 2013 et deux victoires face à la France et l'Irlande. Depuis, et en attendant samedi, ils ont concédé 13 défaites pour une seule victoire, l'année dernière contre l'Ecosse.

La déception de Sergio Parisse (Italie) - 6 février 2016

La déception de Sergio Parisse (Italie) - 6 février 2016AFP

Au total, Brunel a dirigé les Azzurri pendant cinq Tournois pour un maigre bilan de quatre succès et le risque de finir sur une deuxième cuillère de bois en trois ans est élevé. Surtout, la raclée infligée samedi par l'Irlande (58-15 avec neuf essais encaissés, un record dans le Tournoi pour les Italiens) fait craindre un retour au statut de simple sparring-partner auquel l'Italie veut absolument échapper. Mais depuis des années, elle paie au prix fort les mêmes défauts jamais corrigés, comme cette incapacité à faire basculer les rencontres dans le bon sens (à l'image du match perdu de justesse contre les Bleus au Stade de France) ou à tenir la distance, comme contre l'Angleterre (11-9 à la 53e minute, 40-9 au bout du compte).

Brunel "s'est retrouvé comme un adulte qui fait un bras de fer avec un enfant de 10 ans"

Et ce Tournoi 2016, marqué par un nombre invraisemblable de blessures, a encore illustré le manque de profondeur du réservoir italien à très haut niveau, entre le vieillissement de la génération Castrogiovanni, l'absence de génération intermédiaire et le manque d'expérience des nombreux jeunes envoyés au front, même si certains comme l'ouvreur Canna, le pilier Lovotti ou l'ailier Bellini ont montré des qualités. Avec 11 joueurs qui ont fait leurs débuts dans ce Tournoi, Brunel n'était pas suffisamment armé et s'est retrouvé "comme un adulte qui fait un bras de fer avec un enfant de 10 ans", pour reprendre l'image de l'entraîneur des avants Giampiero De Carli après le naufrage de Dublin.

Carlo Canna (Italie) face à la France - 6 nations 2016

Carlo Canna (Italie) face à la France - 6 nations 2016AFP

Plus largement, le projet de formation pyramidal mis en place il y a quelques années - des centres de formation aux franchises (Trévise et Zebre) en passant par les académies et le championnat d'Excellence - n'a pas donné suffisamment de fruits, et les rapports entre Brunel, les franchises et la Fédération ont été souvent compliqués. Le système a aussi pour effet pervers de dévaluer le championnat, alors même que les franchises sont en grande difficulté en Ligue celtique, aux deux dernières places du classement.

L'Italie de moins en moins légitime dans le Tournoi ?

Et au bout du compte, c'est la question de la légitimité de l'Italie au sein du Tournoi qui émerge à nouveau. "Dans deux ou trois ans, nous serons compétitifs. Nous avons commencé en 2000, les autres ont derrière eux 150 ans d'histoire", a assuré le président de la Fédération Alfredo Gavazzi dans une interview au quotidien La Repubblica.

Andrew Trimble (Irlande) face à l'Italie - 12 mars 2016

Andrew Trimble (Irlande) face à l'Italie - 12 mars 2016Icon Sport

Le capitaine Sergio Parisse admettait de son côté avant même le début du Tournoi que "plusieurs choses devaient s'améliorer". "On aimerait être à un autre niveau, mais c'est la réalité. (...) On n'est pas au sommet, mais c'est important de montrer qu'on mérite d'être dans cette compétition et qu'on peut mettre les autres en difficulté", disait-il. Cela n'a pas été assez le cas, mais la Géorgie, la Roumanie ou la Russie feraient-elles mieux ? Et seraient-elles capables, comme l'Italie, de remplir à chaque match un stade de 65.000 places ?

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