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6 Nations - "Le meilleur", "exceptionnel", "monstrueux": Alexandre Flanquart les impressionne tous !

"Le meilleur", "exceptionnel", "monstrueux"... Flanquart les impressionne tous !

Le 22/02/2016 à 17:30

Il fait partie de ces joueurs indispensables mais dont on parle peu. A 26 ans, Alexandre Flanquart (19 sélections) est pourtant en train de s’imposer comme un titulaire du XV de France. Véritable décathlonien du rugby moderne, le deuxième ligne du Stade français présente un profil assez exceptionnel. Focus.

Nombreux sont ceux qui pressentaient ce moment. Ce tournant où il s’imposerait comme un élément indiscutable du XV de France. Sans faire de vagues. Mais c’est désormais une évidence ! Alexandre Flanquart (26 ans, 204cm, 120kg, 19 sél.) devient match après match une pièce maîtresse du pack tricolore. "On n’est pas surpris", nous avoue son entraîneur au Stade français Gonzalo Quesada. "Pour l’anecdote, sur le Tournoi des 6 Nations 2015, le staff du XV de France était venu nous voir. Ils hésitaient avec pas mal de joueurs de chez nous. Je me rappelle qu’on leur a dit énormément de bien sur Alex et que pour nous, sans chauvinisme, c’était un des meilleurs deuxième ligne de France. Il a une activité énorme. Du coup, on était étonné qu’il ne soit pas plus sollicité avec les Bleus".

Alexandre Flanquart tente de se saisir du ballon lors de France-Irlande

Alexandre Flanquart tente de se saisir du ballon lors de France-IrlandeAFP

" Il a une activité énorme pour un deuxième-ligne. On était étonné qu’il ne soit pas plus sollicité en équipe de France (Quesada) "

Originaire de Mons-en-Pévèle (59), Alexandre Flanquart découvre le rugby à 6 ans. À Lille. Loin des terres fertiles à l'éclosion de joueurs du XV de France. Et pourtant. Le deuxième ligne du Stade français est issu d'une famille bercée par le rugby. De son père, Patrick, joueur à l’ASPTT Arras dans le années 70 et 80, jusqu’à l’un de ses grands frères, Julien, alors joueur du Racing. "Je voyais déjà qu’il serait un bon joueur", se souvient Vladimir Soloch, son entraîneur au club de Lille Métropole Rugby, désormais à Villeneuve-d’Ascq. "Physiquement, il était au-dessus des autres, avec une tête de plus. C’était un leader naturel, il était capitaine. Il ne parlait pas beaucoup mais il avait déjà du charisme. C’est quelqu’un de très humble. Quand on le regarde à la télé, c’est le même. Il a la tête sur les épaules. J’ai su qu’il irait en équipe de France quand il a percé au Stade français. Dès ses premières apparitions, s’imposer si jeune en deuxième ligne... Exceptionnel".

Alexandre Flanquart (XV de France)

Alexandre Flanquart (XV de France)AFP

" Je suis persuadé qu’il est à 60/70% de son potentiel. Sa marge de progression est assez exceptionnelle (Papé) "

Propulsé à Paris en 2007, Alexandre Flanquart découvre alors à l’âge de 17 ans les exigences du rugby professionnel. "On a vu arriver un garçon qui déambulait, pas sûr de lui, pas à l’aise avec son corps", se souvient Pascal Papé. "Il n’était pas fini. C’était assez drôle mais c’était déjà une belle carcasse. Il était encore très jeune dans sa tête et le travail pour progresser physiquement n’était pas forcément forgé dans son esprit. C’est toujours particulier les joueurs aussi grands. Ça passe ou ça casse. Il fallait qu’il se bâtisse une carcasse musculaire".

Handicapé par des problèmes de dos, "La Flanque" (son surnom) est malgré tout lancé dans le grand bain du Top 14 le 19 septembre 2009 contre Bourgoin. "Il a fait des bribes de matches mais tu sentais qu’il était encore en difficulté. Il a connu une maturité physique tardive", nous confie Pascal Papé. "Mais il faut se mettre à sa place. Il fallait la remplir la carcasse. Et puis il avait vraiment un dos abimé pour son âge. Il l’a soigné en faisant beaucoup de musculation et de gainage. Mais rugbystiquement, on sentait qu’il y avait du potentiel".

Alexandre Flanquart sonne la charge en 2009 sous les yeux de Rodrigo Roncero et Sylvain Marconnet lors de Stade français-Bourgoin

Alexandre Flanquart sonne la charge en 2009 sous les yeux de Rodrigo Roncero et Sylvain Marconnet lors de Stade français-BourgoinIcon Sport

" La Flanque, c’est un joueur que j’adore. Il mérite plus que n’importe qui sa place en équipe de France (Lakafia) "

Depuis 2010, Alexandre Flanquart n’a cessé de gagner du temps de jeu pour devenir un titulaire à part entière du Stade français. "Ses progrès sont énormes", insiste Pascal Papé. "Il a vraiment un physique de nageur ou de décathlonien. Il fait 120kg mais il est hyper sec. Il est carré avec de grosses épaules. Ça pousse fort en mêlée à l’image de Mike James, David Auradou. C’est un mec à qui on a inculqué la mêlée assez rapidement avec les Roncero, les Marconnet. Mais il est également capable de faire une passe sur un pas, d’intervenir dans une ligne de trois-quarts pour jouer dans la continuité. Il y a deux ans, il n’en était pas encore capable".

Un profil complet qui force l’admiration. "C’est vraiment un joueur que j’adore", lâche le troisième-ligne Raphaël Lakafia. "Il n’est peut-être pas tout le temps mis en avant mais penchez-vous un peu sur les stats d’un match et vous verrez qu’il mérite plus que n’importe qui sa place en équipe de France. Il a énormément d’activité, notamment dans les rucks. Il est bon en touche, bon en défense. Ce n’est pas le joueur qu’on va remarquer le plus. En attendant, est-ce que c’est pas ça un vrai deuxième ligne…"

Alexandre Flanquart capte un ballon en touche contre l'Ecosse - 5 septembre 2015

Alexandre Flanquart capte un ballon en touche contre l'Ecosse - 5 septembre 2015Icon Sport

" Si tu t’amuses à le faire tourner autour d’un terrain, ce sera toujours le dernier à s’arrêter. Il a une caisse monstrueuse (Papé)"

Sélectionné pour la première fois en équipe de France lors de la Tournée d’été 2013 disputée en Nouvelle-Zélande, le natif du Nord a alors connu un premier déclic dans sa carrière. "Cette Tournée l’a fait énormément grandir", raconte Papé. "Il s’est rendu compte qu’il pouvait y arriver. Aujourd’hui, le résultat est super positif. Et encore, je suis persuadé qu’il est à 60/70% de son potentiel. Sa marge de progression est assez exceptionnelle. Si tu t’amuses à le faire tourner autour d’un terrain, ce sera toujours le dernier à s’arrêter. Il a une caisse monstrueuse".

Précieux en touche, gros pousseur, infatigable dans les rucks, Alexandre Flanquart s’illustre également dans le combat à l’image de son dernier match contre l’Irlande dans le Tournoi des 6 Nations. "Son premier atout, c’est d’être un guerrier", souligne Pascal Papé. "Il n’hésite pas à faire les tâches obscures. Alex, c’est du solide dans la tête".

Alexandre Flanquart - France Roumanie - 23 septembre 2015

Alexandre Flanquart - France Roumanie - 23 septembre 2015Icon Sport

Sauteur, pousseur, plaqueur… un décathlonien du rugby moderne

Si l’avenir du Parisien s’annonce radieux, certains éléments de son jeu sont encore perfectibles. "Il est encore assez timide pour venir chercher les ballons", explique Pascal Papé. "Il va aussi progresser au contact. Mais plus ça va et plus il avance au contact. Il a des appuis beaucoup plus puissants avant de rentrer dans les mecs". Et au moment de retrouver le pays de Galles vendredi soir au Principality Stadium de Cardiff, Guy Novès peut saliver de posséder un tel joueur dans son effectif.

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