Maxime Machenaud (XV de France) a réalisé un sans-faute au pied contre l'Angleterre - 19 mars 2016 - AFP
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6 Nations - Faute de grandes certitudes, Guy Novès a au moins trouvé un buteur avec Maxime Machenaud

Faute de grandes certitudes, Novès a au moins trouvé un buteur avec Machenaud
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Dernière mise à jour Le 20/03/2016 à 11:10 - Publié le 20/03/2016 à 11:09
Par Anthony Tallieu - Le 20/03/2016 à 11:10

TOURNOI DES 6 NATIONS - Battus par l'Angleterre, les Bleus sont longtemps restés à portée de fusil grâce à la botte de Maxime Machenaud (21-31). En réussissant un 100 % au pied dans ce contexte difficile, le Racingman s'est imposé de lui-même comme le buteur numéro 1 des Bleus.

"Avoir un bon buteur, c'est une très bonne chose", une lapalissade signée Guy Novès, qui prend tout son sens au regard du passé récent du XV de France. Lors de ce Crunch, les Bleus n'ont presque eu que ça pour se montrer réellement dangereux. En réussissant un sept sur sept sur ses tirs au but, Maxime Machenaud a fait croire à son équipe qu'il lui était possible de priver son adversaire du Grand Chelem. Une performance dans ce contexte de pression post Écosse-France, face au meilleur ennemi, alors qu'il était désigné pour la première fois comme buteur numéro 1.

"Il y a plus difficile quand même ! Au Stade de France, c'est agréable de prendre ses responsabilités", déclare modestement le Racingman. Il ne faut pourtant pas se creuser la tête bien longtemps pour trouver des exemples de joueurs qui ont flanché pour moins que ça dans l'exercice. La plupart des buteurs tricolores de ces dernières années en fait. D'où un certain espoir, lorsque l'un d'entre eux reste sur un dix sur dix en deux matchs. "On connaît l'importance du buteur à ce niveau", poursuit l'ancien Agenais. "Il faut concrétiser toutes les opportunités qui nous sont offertes. C'est important de répondre présent quand on vous donne l'opportunité". Une possibilité que le demi de mêlée s'est gagnée tout seul.

Maxime Machenaud (XV de France) face à l'Angleterre
Maxime Machenaud (XV de France) face à l'Angleterre - Icon Sport

De remplaçant à...taulier ?

Le parcours de Maxime Machenaud en Bleu est marqué par une injustice. Celle de son absence au dernier Mondial malgré sa dimension prise au Racing 92 la saison dernière. Cette année encore, rien n'était acquis pour lui. Seulement onze minutes de temps de jeu lors du premier match contre l'Italie (23-21) mais suffisantes pour afficher de belles dispositions. La semaine suivante, contre l'Irlande (10-9), le temps de jeu passe à vingt-cinq minutes, qu'il bonifie en délivrant la passe décisive à Maxime Médard pour l'essai salvateur. Convaincu, Novès ne l'a dès lors plus enlevé de son XV de départ. "Avec le recul, j'ai l'impression d'avoir abordé ce Tournoi différemment des deux premiers, avec plus d'expérience et de sérénité", confie Machenaud pour expliquer sa montée en puissance.

Dans le secteur du but, le Bordelais de naissance a aussi dû faire ses preuves. Contre le pays de Galles, c'est Jules Plisson puis François Trinh-Duc qui s'y sont collés. En Écosse, le Montpelliérain était le premier choix, un peu à la surprise générale. Mais à l'image de Bézy contre l'Italie, il s'est manqué. La chance de Machenaud, qui a pris le relais avec succès. Samedi contre l'Angleterre, ni François Trinh-Duc, ni Jules Plisson, entré tôt dans la partie, ne lui ont contesté son privilège. Malgré la défaite, ses partenaires ont apprécié, à l'image de son coéquipier en club Bernard Le Roux: "Ça fait du bien d'avoir un bon buteur qui passe toutes ses pénalités et de se dire que, quand on en obtient une, ça fera trois points au bout".

Maxime Machenaud (XV de France) tente de dégager son camp face à Mike Brown (Angleterre)
Maxime Machenaud (XV de France) tente de dégager son camp face à Mike Brown (Angleterre) - AFP

Machenaud: "J'aime avoir des responsabilités"

Avec le Racing, Maxime Machenaud a toujours été le deuxième buteur. Difficile en effet de revendiquer quoi que ce soit à Dan CarterJonathan Sexton avant lui. Mais cette concurrence lui a permis de grandir dans l'ombre des géants: "C'est un secteur que je travaille énormément et que je n'ai jamais lâché. J'aime avoir des responsabilités, je l'ai toujours dit. J'ai su, je pense, les assumer en Écosse et contre l'Angleterre. Je me sens bien en ce moment au niveau des tirs au but. C'est un travail entamé depuis plusieurs mois et cela se ressent sur le terrain" .

Son abnégation devrait enfin lui permettre d'acquérir ce nouveau statut qu'il a toujours appelé de ses vœux. Il ne l'aurait pas volé.

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