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6 NATIONS - Ecosse-France (29-18) - Machenaud - Trinh-Duc : que penser de cette charnière ?

Machenaud-Trinh-Duc: Que penser de cette charnière ?

Mis à jourLe 16/03/2016 à 09:26

Publiéle 14/03/2016 à 16:49

Mis à jourLe 16/03/2016 à 09:26

Publiéle 14/03/2016 à 16:49

6 NATIONS - Si Maxime Machenaud a été précieux au pied pour maintenir le XV de France dans le match contre l’Ecosse (29-18), son association avec François Trinh-Duc a souvent été infructueuse. Bref, après quatre matches, Guy Novès cherche toujours une charnière de standing international.

Oh, bien sûr, les plus optimistes pourront toujours dire que Maxime Machenaud (27 ans, 22 sélections) a sauvé les Bleus d’un naufrage écossais ! Certes, en signant un 3/3 face aux perches, le demi de mêlée du Racing 92 a permis aux élus de Guy Novès de préserver une infime chance de succès face aux Calédoniens (29-18). Mais au-delà de la réussite au pied de l’ancien Agenais (dont le taux de réussite en équipe de France avant ce match était de 88%, NDLR), son association à la charnière avec François Trinh-Duc, la première en tant que titulaires, a trop peu pesé sur le jeu du XV de France. Après quatre matches et trois charnières essayés (Bézy-Plisson ; Machenaud-Plisson ; Machenaud-Trinh-Duc), Guy Novès n’a toujours pas observé d’association évidente et le sélectionneur ne pourra pas éternellement se recroqueviller derrière sa ritournelle: "le terme de titulaire est un terme que je n’emploie pas…"

Maxime Machenaud (XV de France) face à l'Ecosse - 13 mars 2016
Maxime Machenaud (XV de France) face à l'Ecosse - 13 mars 2016 - Icon Sport
" On attend beaucoup de François. Mais si on se concentre sur lui, on va se tromper de cible… (Guy Novès)"

Titularisé pour la deuxième fois consécutive, Maxime Machenaud a montré un état d’esprit particulièrement entreprenant ! Et il serait trop facile de reprocher au Racingman sa grinta, son envie de bien faire, son obsession de tirer l’équipe vers l’avant… Et pourtant ! Les intentions ne font pas tout ! A trop vouloir en faire, à l’image de cette pénalité rapidement jouée (26e), Machenaud s’est souvent isolé, a par moment manqué de lucidité jusqu’à cet en-avant regrettable (passe à hauteur imprécise pour Mermoz, 56e) sur un temps fort des Bleus qui s’étaient une nouvelle fois entêté à trouver la pénaltouche au lieu de prendre les 3 points réclamés par Jeff Dubois. Si sa conduite du jeu sur les deux essais français s’est révélée juste, le numéro 9 des Bleus n’a pas échappé à la confusion générale (une passe lobant François Trinh-Duc, un renversement jeu peu opportun pour Vakatawa, NDLR).

" Il aurait peut-être fallu avoir plus de profondeur… (Jean-Frédéric Dubois)"

De son côté, François Trinh-Duc (29 ans, 52 sélections) a tout simplement manqué son retour comme titulaire au poste d’ouvreur. Buteur numéro 1 contre l’Ecosse, le demi d’ouverture du MHR a été rattrapé par ses vieux démons aux pieds. Pas assez influent dans le jeu d’occupation, le futur Toulonnais a manqué une transformation légèrement en coin (5e) et, surtout, une pénalité (11e) face aux poteaux a priori largement dans ses cordes. "Il a buté hier (samedi, à l'entraînement) au stade et il a tout mis", rappelle l’entraîneur des arrières Jeff Dubois. "Je suis désolé pour lui, on parle toujours de son jeu au pied... Mais je ne pense pas qu'on perde à cause de ça".

François Trinh-Duc (XV de France) face à l'Ecosse - 13 mars 2016
François Trinh-Duc (XV de France) face à l'Ecosse - 13 mars 2016 - AFP

A l’instar de Jules Plisson face aux Gallois, François Trinh-Duc a pourtant affiché une trop grande fébrilité. "François a fait le boulot", coupe Guy Novès pour écarter toute polémique. "Il rate une pénalité, une transformation, ok. Mais le jour où il met ces transformations, on n'en parle pas, c'est toujours pareil. Je ne suis pas certain que ce soit lui qui ait fait toutes ces fautes de mains. A mon avis, on attend beaucoup de François. Mais si on se concentre sur lui, on va se tromper de cible".

Deux registres trop similaires ?

Guy Novès a peut-être raison. Le plus dérangeant est sans doute ailleurs. Notamment dans la complémentarité de la charnière. Vendredi dernier, Julien Tomas, ami et coéquipier de François Trinh-Duc pendant plus de dix ans, nous confiait que le Montpelliérain avait besoin d’un "numéro 9 éjecteur à ses côtés" ! Naturellement, le nom de Sébastien Bézy lui vint à la bouche en premier. Et Maxime Machenaud ? En s’évertuant à venir défier la défense écossaise (48 mètres parcourus balle en main pour seulement 6 en faveur de Trinh-Duc, NDLR), le demi de mêlée du XV de France a proposé un registre trop similaire à celui de l’Héraultais, lui qui aime tant attaquer la ligne. Le manque d’alchimie entre les deux joueurs n’a pas permis de proposer une alternance suffisante.

Maxime Machenaud (XV de France) face à l'Ecosse - 13 mars 2016
Maxime Machenaud (XV de France) face à l'Ecosse - 13 mars 2016 - Icon Sport

La charnière magique tant espérée pour le XV de France se fait donc toujours attendre. Mais si Guy Novès reste fidèle à sa logique, peut-être essaiera-t-il face aux Anglais la seule et dernière association possible dans ce Tournoi : Bézy - Trinh-Duc.

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