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6 Nations: C'est un fait, le présent et l'avenir du XV de France se trouvent en Ile de France

C'est un fait, le présent et l'avenir du XV de France se trouvent en Ile de France

Le 10/03/2016 à 00:10

6 NATIONS - Face au pays de Galles, Guy Novès a aligné dans son XV de départ huit joueurs issus du Racing 92 et du Stade français. Un symbole fort pour une région qui a su se replacer au centre de la carte du rugby français grâce à ses deux clubs phare mais aussi en exploitant son exceptionnel vivier.

Quand plus de la moitié des titulaires d'une équipe nationale sont concentrés dans deux clubs de la même région, ce n'est plus une coïncidence contextuelle mais une tendance. Dans le groupe retenu pour préparer la rencontre de dimanche en Écosse, ils étaient onze avant le forfait d'Antoine Burban (dans le détail: Chat, Lauret, Le Roux, Machenaud pour le Racing, Flanquart, Slimani, Bonneval, D.Camara, Danty et Plisson pour le Stade français). Pour la plupart d'entre eux des Franciliens, tout comme Bézy, Poirot, Y.Camara et Fofana, partis exercer leur talent ailleurs et auxquels s'ajouteront Ben Arous et Picamoles (né à Paris) lorsqu'ils reviendront de blessure.

Bernard Le Roux et Djibril Camara (XV de France) - 8 mars 2016

Bernard Le Roux et Djibril Camara (XV de France) - 8 mars 2016Icon Sport

Il paraît désormais clair que l'Ile de France est devenue la nouvelle pépinière à Bleus, comme ont pu l'être le Sud Ouest et le Rhône-Alpes en leur temps. "Le Comité a la fierté d'honorer, par ses joueurs, les clubs et le rugby", se réjouit son président Jean-Louis Boujon. "Nous sommes heureux de voir que le travail réalisé en amont est récompensé au plus haut niveau. Ce changement est lié à l'évolution des deux grands clubs qui se sont structurés dans l'élite et ont impulsé une dynamique dans les étages inférieurs". Des locomotives qui ont montré la voie intégrant régulièrement depuis quelques années dans leur groupe pro des jeunes du cru.

Le berceau du rugby des quartiers

"Ça fait longtemps qu'on sait qu'il y a du potentiel ici car c'est la région avec le plus fort potentiel humain et financier. Il y a un creuset pour trouver des joueurs, leur permettre de s'exprimer à haut niveau et de créer des clubs professionnels" explique Christophe Mombet, cadre technique de la FFR dans les années 1990 et 2000 et aujourd'hui patron du centre de formation du Racing 92, désigné deux fois de suite meilleur centre de formation de France.

"Sauf que les moyens proposés aux joueurs pour réussir au plus haut niveau n'étaient pas les mêmes avant. Surtout, il n'y avait pas le même intérêt pour le rugby de la part de la population qui réussit aujourd'hui. Il y a beaucoup de joueurs issus des banlieues qui viennent maintenant et qui ne le faisaient pas avant. Le rugby professionnel a changé les choses car il est devenu un débouché social. Il peut devenir un métier et attire donc ces jeunes à l'instar du football ou même de la boxe".

Jonathan Danty (XV de France) - 8 mars 2016

Jonathan Danty (XV de France) - 8 mars 2016AFP

Une population nouvelle, venue se greffer aux traditionnelles élites et étudiants qui étaient jusqu'alors l'essence des clubs de la région parisienne, qui a fait grimper le nombre de licenciés. Une mutation opérée à la base et qui se voit aujourd'hui tout en haut de la pyramide: "Le travail d'ouverture des clubs en direction de tous les publics sans faire de parti pris fait qu'on a une attractivité supérieure auprès des jeunes qui ont envie de découvrir ce sport", assure Jean-Louis Boujon. "Nous avons des éducateurs qui vont à la rencontre des joueurs ayant du potentiel. Ils amorcent ensuite une approche particulière qui est de réguler les fréquentations et de rencontrer les familles. Cela porte ses fruits". Si tous ne finissent pas en équipe de France, beaucoup inondent le Top 14 et le Pro D2 depuis quelques années déjà.

L'avenir est à eux

Tout porte à croire que cette tendance s'inscrira dans le temps. Il n'y a qu'à voir les pépites prometteuses, issues du Racing, du Stade français, mais aussi de Massy ou encore de Bobigny, qui ont su marier le rugby du terroir avec le rugby des tours, qui pointent déjà le bout de leur nez dans les équipes de France de jeunes. Les Makalou, Cancoriet, Ngandebe, Retière et autres, destinés un jour à rejoindre leurs aînés Plisson, Slimani ou Ben Arous.

Jules Plisson (XV de France) - 8 mars 2016

Jules Plisson (XV de France) - 8 mars 2016AFP

Le président du Comité Ile de France promet aussi que la génération des moins de 16 ans, qui a récemment cartonné la sélection de Côte d'Azur en quart de finale de la coupe Taddeï (52-29) "laissera une trace positive dans le rugby français". En attendant, Paris et sa banlieue constituent déjà le plus gros pilier des fondations du XV de France rebâti par Guy Novès.

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