Déception Guirado - France Irlande - 15 mars 2014 - Icon Sport
 
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6 nations 2014 - France-Irlande (20-22) - A une passe près...

A une passe près...

Par Clément Mazella
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Dernière mise à jour Le 16/03/2014 à 00:01 -
Par Clément Mazella - Le 16/03/2014 à 00:01
Plus convaincant, le XV de France a toutefois cédé face à l'efficacité et la puissance des Irlandais. Une passe de Papé aurait pu tout changer. L'antisèche.

Le jeu: Les Bleus ont tenté, c'est déjà beaucoup

Critiqué depuis plusieurs semaines sur sa qualité de jeu, le XV de France a montré un tout autre visage ce samedi au Stade de France. Sans doutes vexés, les Tricolores ont mis bien plus d'engagement, de férocité et d'envie. Et surtout, ils ont tenté d'envoyer du jeu et de prendre à revers la défense très bien organisée des Irlandais. Certes, tout n'est pas encore parfait, mais les hommes de Saint-André n'ont pas grand chose à se reprocher. L'état d'esprit a semblé tout autre et c'est déjà beaucoup. Cela a fait plaisir à de nombreux observateurs, même si le résultat n'est pas au bout. Un gros bémol tout de même puisque les Bleus finissent la compétition avec un bilan mitigé. L'Irlande, elle, s'est montrée très efficace. La marque des grandes équipes. Offrant ainsi à Brian O'Driscoll une sortie à la hauteur de son talent.

Les joueurs: Bastareaud a fait très mal

Son style est peu académique mais la puissance de Mathieu Bastareaud est indispensable au XV de France. Sur chaque plaquage, il a marqué au fer rouge les Irlandais, assommant même totalement Sexton... après plusieurs tentatives. Le centre de Toulon a régulièrement avancé en attaque et - pour une fois - tenté de faire jouer derrière lui. Avec peu de réussite, il faut bien le reconnaître. A la mêlée, Maxime Machenaud est à créditer d'une très belle partie. Dulin, Huget et Médard ont apporté beaucoup de vitesse. Par ses charges, Picamoles a été intéressant mais a eu du déchet sous les ballons hauts. A la peine en mêlée et pénalisé à quatre reprises en première période, Thomas Domingo a vraiment déçu et fut sorti à la pause.

Côté irlandais, Jonathan Sexton a été l'un des grands artisans du succès de son équipe. Certes, il a affiché une étonnante fébrilité sur ses tentatives de but, laissant cinq points en route mais dans le jeu, il a énormément pesé. Le Racing doit se demander pourquoi Sexton n'a pas le même rendement en Top 14. Toner et O'Connell ont été impressionnants dans les airs. Pour sa dernière, Brian O'Driscoll est resté sobre et a raté plusieurs plaquages.

Joie Sexton - France Irlande - 15 mars 2014
Joie Sexton - France Irlande - 15 mars 2014 - Icon Sport

Le tournant qui n'a pas eu lieu: l'en-avant de Papé...

Les Bleus ont eu l'occasion de s'imposer. A deux minutes de la fin de la partie, la France investissait les 22m irlandais. Sur l'extérieur, Doussain constatait un énorme surnombre. Pascal Papé, la capitaine, effectuait une passe sur un pas pour Chouly, totalement démarqué sur l'aile droite. Le Clermontois résistait au retour de plusieurs défenseurs pour marquer. Effusion de joie dans les tribunes du Stade de France. Sauf que... la vidéo refusait - logiquement - l'essai pour une passe en-avant de Papé. Rageant !

Le tweet hommage: chapeau Monsieur O'Driscoll

Comment passer à côté de cela ? Pour son ultime match international, Brian O'Driscoll, le joueur le plus capé de l'Histoire, remporte son deuxième Tournoi des 6 nations. La classe, tout simplement.

La stat: Saint-André n'aime pas le Tournoi

En s'inclinant face à l'Irlande, le XV de France achève le Tournoi 2014 à la quatrième place. Soit le meilleur résultat depuis la prise de fonction de Philippe Saint-André (4e en 2012 et 6e en 2013). Le manager des Bleus attend toujours une victoire dans la compétition. L'an prochain ?

La question: La manière ou le résultat ?

C'est l'éternel débat. Après le succès étriqué en Ecosse, Philippe Saint-André avait lâché: "l'an dernier, parfois le contenu était très bon mais on n'arrivait pas à gagner. Là, on gagne". Se contentant ainsi uniquement du résultat et moins de la manière, qui laissait à désirer. Mais force était de constater qu'en quatre matchs du Tournoi 2014, les Bleus avaient plus gagné que sur toute l'année 2013. De quoi donner un peu de confiance à PSA et son staff, sous pression. Ce samedi, les Tricolores savaient qu'ils ne pouvaient pas remporter le Tournoi. Sauf incroyable miracle. Alors, les joueurs ont semblé plus libérés et décomplexés. Leur copie fut bonne - sans être exceptionnelle non plus - mais elle laisse présager un avenir meilleur si les Français évoluent de la sorte. Sauf, qu'au final, c'est une défaite qui est au rendez-vous.