Vincent Debaty - France Galles - 17 mars 2012 - Icon Sport
 
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Le chantier des Bleus

Le chantier des Bleus

Par Rugbyrama
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 19/03/2012 à 18:57 -
Par Rugbyrama - Le 19/03/2012 à 18:57
Le bilan du premier Tournoi de l'ère Saint-André est globalement décevant : une quatrième place finale, une seule victoire à domicile en trois matchs et des carences récurrentes dans certains secteurs de jeu. Mais le staff est désormais conscient du chantier qui l'attend dans les prochains mois.
 

"On ne peut pas se satisfaire de deux victoires et un match nul". Ainsi a débuté le point presse de Philippe Saint-André dimanche. Six mois après un Mondial qui avait laissé entrevoir de vrais espoirs et alors que la France recevait trois fois, elle pouvait viser la victoire finale dans le Tournoi, voire le Grand chelem. Mais doit se contenter de la quatrième place. Une déception, surtout que les attentes sont grandes autour d'un staff composé de techniciens aux compétences reconnues. Et le contenu des matchs a laissé entrevoir des carences qu'il faudra régler au plus vite. Le sélectionneur ne l'a pas caché. Pour lui, son équipe a souffert de trop d'imprécisions "dans la technique individuelle". "Les détails", ont coûté trop de points aux Bleus. Saint-André entend par là les turnovers concédés contre les Anglais et les Gallois ou l'interception subie contre l'Irlande. Des erreurs résultant d'un manque de repères collectifs. "J'en prends la responsabilité, admet Saint-André. Nous n'avons pas été assez précis sur pas mal de points. Mais c'est parce que nous avons amené un nouveau système et donc beaucoup de choses".

Le principal chantier à venir des Bleus sera naturellement l'animation offensive. Manque de fluidité, de pénétration et de complémentarité, trop d'incohérences tactiques... Les Bleus ne se sont pas montrés assez dangereux sur leurs cinq premières sorties malgré les six semaines passées ensemble au CNR, dont quatre d'affilée. Cela est aussi dû au peu de continuité en ce qui concerne la composition de la charnière. Le staff n'a pas encore identifié les deux joueurs chargés de mener le jeu de leur équipe. Trois demis de mêlée (Yachvili, Parra, Dupuy) titularisés, avec la blessure du Biarrot qui a obligé à modifier les plans initiaux, et à l'ouverture, Trinh-Duc a débuté le Tournoi alors que Beauxis l'a terminé. Un secteur offensif ayant aussi pâti du manque de réalisme dans la finition. Les "deux contre un" gâchés par Servat et Harinordoquy à Cardiff en sont l'illustration.

Touche et discipline comme points forts

La défense aussi a donné des motifs d'inquiétude, notamment en Ecosse, puis contre l'Irlande et l'Angleterre. "En début de Tournoi, nous avons opté pour une défense glissée, explique le sélectionneur. On prend des essais sans qu'il y ait de surnombre. On aurait dû être plus agressifs sur les premiers mètres. Au pays de Galles, nous avons choisi une défense en inversé, comme les joueurs nous le permettaient, et avons été plus à l'aise. Notre défense a été plus agressive, ce qui nous a permis de davantage avancer". En somme, face aux problèmes récurrents dans ce secteur, le staff a préféré griller les étapes pour gagner en sécurité. Globalement, le jeu au pied n'a pas non plus satisfait. "Il n'a pas été assez efficace durant le Tournoi", reconnaît Saint-André.

En conquête, le bilan est plus mitigé. Le premier constat est que le mêlée française n'est plus aussi dominatrice qu'avant. Souveraine en Ecosse, elle a été chahutée par l'Angleterre, l'Irlande et le pays de Galles, et même secouée par l'Italie. Un secteur qui n'inquiète pourtant pas outre mesure le staff, même si les ressources, au poste de pilier en l'absence de Domingo et derrière Mas et Poux, ou de talonneur avec la retraite de Servat, sont loin d'être inépuisables. En revanche, la touche a été un des points forts. C'est une des raisons pour lesquelles Harinordoquy a été préféré à Picamoles en fin de Tournoi. L'avènement de Maestri dans l'alignement est également une bonne nouvelle. Autre secteur rassurant: la discipline. La France a été la nation la moins pénalisée. "C'est une bonne chose même si nous avons été plus sanctionnés au pays de Galles", avoue Saint-André. Et s'il reste de nombreux chantiers pour lui et ses adjoints, c'est un point sur lequel ils pourront déjà s'appuyer.

 
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