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Mêlée : La bombe des Bleus

Mêlée : La bombe des Bleus

Par Rugbyrama
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Par Rugbyrama - Le 24/02/2010 à 10:50
La mêlée française, qui a réalisé de très bonnes performances contre l'Ecosse et l'Irlande en début de Tournoi, est au centre de toutes les attentions. Face à un pack gallois décimé, on s'attend à nouveau à une prestation détonante. Car il semble bien qu'un cap a été franchi. Explications.

C'est l'arme fatale des Français durant ce Tournoi. Puissante comme un tank mais fine comme une lame, elle a l'explosivité d'une grenade qui détruit tout sur son passage. La mêlée, tant décriée au début de l'ère Lièvremont, c'est la bombe atomique des Bleus, l'une de leurs principales forces désormais. Le sélectionneur tricolore ne manque d'ailleurs pas de rappeler que quatre des cinq essais inscrits depuis le début du Tournoi le furent après une mêlée.

Pour tout dire, on avait déjà senti qu'il se passait quelque chose en 2009. Les balbutiements avaient été nombreux en 2008, mais les choses s'étaient peu à peu arrangées l'année suivante, marquées notamment par l'explosion au plus haut niveau de Fabien Barcella. On pensait même qu'un cap avait été passé lors de la victoire contre les Springboks à Toulouse… avant de revenir sur Terre deux semaines plus tard à Marseille. Ce jour noir, le huit de devant néo-zélandais avait ramené les Français à leurs chères études, inscrivant notamment un essai sur mêlée.

Le test irlandais validé

Un mal pour un bien visiblement. Car, en ce début de Tournoi, la mêlée française est plus que jamais performante. "Dévastatrice" même, assure Fabien Barcella, actuellement spectateur car blessé, dans le blog qu'il tient sur notre site. Déjà supérieure contre l'Ecosse, elle a été souveraine face à l'un des meilleurs packs – et des première ligne - du monde contre l'Irlande. Attendue au tournant, elle a passé le test haut la main. Les craintes étaient pourtant nombreuses après les forfaits de Barcella et Millo-Chluski fin janvier. Que s'est-il passé alors ? Une prise de conscience a eu lieu semble-t-il après la leçon reçue au Vélodrome. L'entraîneur des avants tricolores Didier Retière confirme dans Midi Olympique : "Contre les All Blacks, nous étions trop centrés sur le combat, sans y mettre la petite dose de réactivité, d'adaptation. Nous l'avons ajoutée face à l'Irlande."

Un palier franchi

Pour le Toulousain Jean-Bapstiste Poux, qui fait son retour en bleu après deux ans d'absence, la clé tient dans le fait que les joueurs "se connaissent mieux maintenant. Ils ont l'habitude de travailler ensemble." Le dernier arrivé, Thomas Domingo, confirme : "On a des automatismes, on se trouve plus facilement, on met moins de temps à être en place. Ce sont des petites choses qui font beaucoup dans la performance d'une mêlée."

Un palier a été franchi, Nicolas Mas l'assure. "Nous avons des certitudes maintenant. La mêlée française a été beaucoup critiquée à un moment mais elle a pris de la valeur." Comment ? "Nous avons pris conscience de ce que nous sommes capables de faire." De bon augure, d'autant que le travail sur le joug "nouvelle génération" installé à Marcoussis devrait permettre d'améliorer encore son rendement. Un joug "révolutionnaire" selon Marc Lièvremont, "star wars" selon Nicolas Mas, "capable d’agir et de réagir en fonction de ce que propose la mêlée adverse", précise Didier Retière. "On sera bientôt capable de reproduire tous les comportements que l’on peut retrouver en mêlée."

Un pack gallois décimé

Vendredi à Cardiff, l'épreuve devrait être moins difficile que face au pack irlandais. Car le paquet d'avants gallois est décimé. La première ligne est privée de ses meilleurs pousseurs, à savoir Duncan Jones, Gethin Jenkins et Matthew Rees. Sans compter que le puissant deuxième ligne Alun Wyn Jones a fait une croix sur la suite du Tournoi après une blessure au coude contre l'Ecosse et Andy Powell, dont l'escapade nocturne fait encore couler beaucoup d'encre, a été exclu du groupe. Mais Thomas Domingo se méfie : "Il faut faire attention même s'ils ont quelques blessés. La mêlée, c'est assez spécial. Il ne faut pas les prendre de haut. Notre mêlée a progressé depuis un certain temps mais rien n'est fait."

Les Diables rouges avouent toutefois craindre l'enfer vendredi. "Nous avons vu la force du pack français. Il a été très impressionnant en termes de puissance, de technique et d’efficacité en conquête. De notre côté, nous devons nous passer de plusieurs avants de talent…", déplore l'ailier Shane Williams dans Midi Olympique. Il est vrai que la solidité de Mas, l'explosivité de Servat et les progrès sensationnels de Domingo conjugués à la forme olympique de Nallet et à la qualité reconnue mondialement de sa troisième ligne font de la mêlée française l'une des toutes meilleurs de la planète ovale à l'heure actuelle. Et elle impressionne.. Il n'y a pas à dire, la mêlée française, c'est une vraie bombe.