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"Avec les nouveaux commandements, l’anticipation perdure"
16/10/2013 - 10:06

"Avec les nouveaux commandements, l’anticipation perdure"

Les nouveaux commandements en mêlée n’ont pas résolu les problèmes de fond déjà rencontrés et qui s’attachent à cette phase, même si le nombre de mêlées rejouées a légèrement diminué. Pour en avoir parlé avec Michel Lamoulie, toujours aussi pertinent pour évoquer les embarras que les règles font régulièrement surgir, son avis sur ce sujet me paraît logique et judicieux. J’y souscris pleinement.

Son interprétation met en avant la perception par les joueurs du sens généré par ces commandements. Rappelons que le commandement de la poussée, que ce soit pour les anciennes directives ou les nouvelles, est toujours régi par la même règle. Il stipule que "la mêlée ne commence que quand le ballon quitte les mains du demi de mêlée".

Avec les anciens commandements, la mêlée était indûment commencée dès l’engagement, ce qui provoquait l’anticipation de la poussée. Gagner le duel dès l’engagement était un facteur déterminant dans la domination de l’adversaire, mais créait le plus souvent beaucoup d’instabilité, générant en tout cas pas mal de confusion et de malentendus sur le "à qui la faute?". Avec les nouveaux commandements, cette anticipation, même si elle est moins décelable, perdure, en tout cas n’a pas été abrogée. Les comportements actuels, même si plus respectueux de l’ordre arbitral, produisent peu ou prou les mêmes effets et les mêmes sanctions arbitrales.

Si l’on se réfère à la règle (ci-dessus) du commencement de la mêlée, tous les commandements ne viseraient qu’à obtenir une réelle stabilité de la mêlée avant l’introduction du ballon. Pour être efficacement opérationnel, ce moment de stabilisation doit être réel donc respecté et significatif pour tous: arbitre, joueurs participants à la mêlée, demi de mêlée introduisant le ballon. Ce qui n’est pas actuellement le cas, même si dans l’hémisphère sud (le match Afrique du Sud-Nouvelle-Zélande en faisant foi), cette phase de jeu, sans pour autant être parfaite, nous a gratifié de mêlées jouées avec l’esprit que cette phase réclame, à savoir de permettre une sortie du ballon propre pour les utilisateurs. Avec pour conséquences moins de mêlées à refaire et/ou de pénalités.

Dans le Top 14, le moment d’instabilité persiste à partir de l’engagement. Le commandement d’arbitre "JEU" est encore dans les têtes, surtout bien sûr des premières lignes, un moment non pas de placement mais de positionnement dominant.

Le terme "JEU" en l’occurrence me paraît impropre car il est porteur d’une connotation d’entrée en action, un signal générateur comme dans les autres phases de déclenchement de l’affrontement et de confrontation active .

Le terme employé par les britanniques "SET" traduit "placement" me semble plus significatif d’un comportement respectant un pré-positionnement avant action, créant pour les antagonistes la stabilité utile pour un gain de balle équitable, qui donnerait toute sa pertinence et sa valeur au "OUI 9". Un dernier commandement qui pourrait ainsi ne pas être délivré en urgence mais bien quand toutes les conditions sont réunies et devenir essentiel dans la régularité attendue.

Dans ces conditions, le talonnage du ballon et les savoir-faire qui vont avec vont reprendre leurs droits, ce qui va entraîner plus d’incertitude sur le gain du ballon. Ce qui me paraît particulièrement logique pour une phase qualifiée, comme la touche, de conquête.

On pourrait aller plus loin, c’est le souhait de Michel Lamoulie, en changeant le libellé de la règle en précisant que "la mêlée commence quand le ballon introduit par le demi de mêlée touche le sol", ce qui permettrait de supprimer le "oui 9" en réintroduisant le "Jeu" au moment au le ballon touche le sol.

Je cite Michel Lamoulie: "En neutralisant l’engagement, les détracteurs diront certainement que la mêlée risque d’être émasculées". Mais personne ne peut nier aujourd’hui que les problèmes rencontrés dans cette phase sont inhérents à cet engagement. Je me veux un défenseur de cette phase de jeu et rappelle ce que j’ai déjà écrit en 2008: "Nous devons défendre l’existence de la mêlée car elle est l’origine de notre jeu, mais surtout, car sur 10m², elle regroupe 18 joueurs ouvrant ainsi des espaces pour assurer le jeu et sa continuité: elle est une formidable rampe de lancement de jeu. Cette rampe est encore valorisée par les nouvelles Règles qui positionnent les trois-quarts à 5 mètres…)".

Alors, pourquoi ne pas tester ces propositions dans une autre compétition?

 
 
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