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"Il fallait se méfier de l'euphorie des tests de novembre"
14/02/2013 - 16:44

"Il fallait se méfier de l'euphorie des tests de novembre"

L’image porteuse de la mise en oeuvre d’un rugby réussi par les Tricolores contre l’Australie et l’Argentine, lors de la tournée d’automne, avait fait l’unanimité tant médiatique, que publique. En outre, pas un technicien averti n’avait discuté les vertus d’un jeu plutôt léché en terme d’intentions et de mouvement. Ce taux de reconnaissance n’a jamais été entamé par la victoire plus étriquée, en tout cas bien moins probante, contre les Samoans. Elle aurait pu servir d’alerte mais s’est inscrit dans la continuité de l’objectif final à savoir gagner les 3 matchs pour obtenir un classement IRB favorable lors du tirages des poules Coupe du Monde 2015.

J’avais alors écrit qu’il fallait se méfier de l’euphorie ambiante. Le bon jeu a besoin de temps pour s’installer de manière durable et cela ne peut se faire que si on maintient le cap des exigences qualitatives à atteindre. L’Italie était une bonne occasion. La défaite romaine entraîna dans les medias beaucoup plus d’analyses qui touchaient des raisons externes au jeu que la production elle même.

On sait que la tendance médiatique, elle est logique, c’est de présenter ce beau rugby gagnant, comme un modèle qui, puisque l’on vient d’y accéder, ne peut que se pérenniser.  Dans la continuité, il se développera voire s’imposera encore plus. La gloire des gagnants est assurée momentanément d’autant que  les émotions engendrées par ces victoires apportent considérations respect et assurances aux acteurs (ceux qui sont sur le  terrain et ceux qui les gèrent).

Les traces mentales laissées par les belles victoires sont tout autant dangereuses que celles qui surgissent dans la défaite. Perdre pousse à abandonner le  jeu précèdent, du moins et à le recaler différemment en plaçant le collectif à la recherche d’une résurrection sur des dimensions de jeu plus restrictives forcement plus rassurantes. L’impact du succès acquis et la manière rendent alors encore  plus déplaisante la visibilité de l’échec d’autant que sont exacerbés et montrés du doigt non plus facteurs de réussite et le comment de leur maitrise mais bien ce qui à été raté et avec, comme conséquences momentanées, les manques constatés qu’il s’agira bien sûr, pour le match successif,  de corriger en urgence, mais à quel prix ?

En ce sens les deux matchs contre l’Italie et le pays de Galles méritaient  d’être présentés comme des défis largement surmontables et bien moins  comme des obstacles plein d’embuches. Faire de ces deux étapes un vrai tremplin pour retrouver, en se servant du passage à vide samoan, l’ambition d’un  jeu réalisable puisqu’il  a existé avec bonheur le temps de deux match réussis, ceci pour donner aux causes un autre sens et ainsi modifier dans le psychique de chacun, les conséquences.

Le rugby restrictif à souhait des Français contre le pays de Galles s’est inscrit dans une logique de révolte passant par le seul affrontement au près des conquêtes et des rucks et en alternance au pied. Il a des limites évidentes. Ce rugby dilue la prise de risque, celle qui, quand elle amène la réussite , devient une preuve de compétences (voir tournée d’octobre) et celle qui, à contrario absente du débat lors du dernier match, est alors considéré comme de l’incompétence.

Il suffit de regarder le nombre des ballons touchés par Michalak en octobre contre les Argentins ou les Wallabies et ceux qu’il a eu à négocier contre Galles pour toucher in fine, la pauvreté de l’animation.

 
 
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