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"Montpellier a fait un beau cadeau à Béchu"
25/01/2013 - 11:20

"Montpellier a fait un beau cadeau à Béchu"

C’est un beau cadeau que les joueurs de Montpellier ont fait à Eric Béchu. Le match plein qu’ils surent dérouler n’aurait pas manqué de l’émouvoir. Éric a su, partout où il a entraîné, imposer son charisme. On n’assied pas son autorité et sa crédibilité par la séduction mais par ses compétences, celles qui permettent de développer le potentiel des joueurs et du collectif. Ce qui implique de savoir transformer les idées qu’ils ont du jeu en y apportant un sens nouveau. Il avait appris sur les bancs du Creps avec son mentor pédagogique Robert Bru qu’en rugby, le mouvement que le jeu génère porte en lui le principe de complexité. Sa gestion ne peut se satisfaire d’une conception rigide pour ne pas dire amorphe qui isolerait les joueurs entre eux et les conduirait à produire une production mécanisée, forcement réductionniste sans envergure ni possibilité d’évolution.

Rechercher ce meilleur rugby n’est pas une utopie, accepter de le finaliser dans la boucle "jouer pour jouer" pas davantage, à condition d’y croire, de vouloir et savoir le partager. Être toujours à la recherche de la vérité pour certes gagner mais aussi plaire, faire plaisir et aussi se faire plaisir. Ce match que tu n’as pas vu, Éric, t’aurait j’en suis certain apporté cette jouissance.

A Leicester, la neige n’était pas celle virevoltante des Pyrénées mais bien celle des Midlands beaucoup plus lourde. Elle a gâché le spectacle dont Toulousains et Tigers de Leicester aurait pu nous gratifier si les conditions avaient été autres. Face à cette contrainte hivernale, les objectifs tactiques de départ des deux équipes devenaient de fait inadaptés. En tout cas, on aurait pu penser avant le match que les toulousains en mal d’un bon rugby depuis pas mal de temps pouvait se servir de ce match pour retrouver des certitudes. On eut droit à un rugby qui donna la part belle à l’affrontement avec un jeu qui n’a jamais été très loin des phases de conquête et des rucks et tout aussi logiquement le jeu au pied a été largement utilisé. A ce jeu, Toulouse n’a jamais subi bien au contraire. On ne saura jamais ce qui se serait passé si les buteurs avaient permis de mener au score à la mi-temps et ce, d’autant plus que la seconde mi temps a été toulousaine. Cette dynamique rouge et noir fut à la mesure de la pâleur du meneur de jeu anglais Flood en délicatesse avec son jeu d’animation. Il écopa d’un carton jaune qui en plus de sa baisse de régime contribua à rendre le collectif encore plus hésitant.

Toulouse, pour tellement de raisons, tient à la Coupe d’Europe. Cette élimination devra le rendre plus fort pour réussir sa propre succession et retenir le bouclier dans la ville rose. C’est pourquoi pas aussi le meilleur des challenges pour retrouver le jeu qui a fait sa gloire.

Un mot sur Clermont qui récite son rugby. Le choix prioritaire du jeu à la main s’impose à tous et ce choix les amène, de mieux en mieux, à balayer un répertoire tant tactique que technique de plus en plus riche. Ce rugby génère à tous les niveaux et dans toutes les lignes de plus en plus de confiance. La valeur rugbystique actuelle de cette équipe s’est construite progressivement et certainement que ce collectif est en train d’acquérir des convictions qui ne vont pas s’éteindre subitement. Elles se sont imposées dans le temps par une évolution constante, le temps que réclament le changement, celui aussi qu’il faut pour faire passer à son public le message d’un jeu diffèrent. Bravo.

 
 
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