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Blog Fabien Barcella
25/07/2010 - 15:13

Un Australie/Nouvelle-Zélande qui promet...

Un Australie/Nouvelle-Zélande qui promet...

Depuis le début de la compétition, rien ne change pour les Sud-Africains. Les défaites s’accumulent et les points concédés montrent par leur ampleur la faiblesse récurrente de leur défense. Je ne parle pas bien sûr de la capacité individuelle de chaque joueur à s’investir individuellement et totalement dans l’acte de plaquage, mais bien de la cohérence du développement des actions collectives défensives, celles qu’il serait souhaitable de les voir mettre en œuvre en relation et adaptation au jeu de l’adversaire, par rapport au ballon, et par rapport à sa position, là où il est joué sur le terrain. Une bonne défense se doit d'être à même de répondre à toutes les éventualités qui se présentent et naissent dans ce jeu situationnel en permanente évolution et dans ces changements les plus simples comme les plus complexes.

Cette distribution défensive et sa logique plutôt facile à appréhender sur les phases statiques, devient plus compliquée quand le jeu adverse bouge comme c’est le cas actuellement dans celui que proposent les Blacks et les Australiens. En répondant au jeu au pied sud-africain par du jeu à la main, peu importe la position de récupération du ballon sur le terrain et en refusant le ping pong rugby , All Blacks et Wallabies mettent à mal le système défensif des Boks, très organisé sur la profondeur en nombre et positionnement, mais du coup affaibli dans son premier rideau qui ne presse qu’avec quelques joueurs sur le réceptionneur, délaissant ainsi les extérieurs . Seule une erreur adverse dans la réception du ballon ou la récupération du ballon botté pourrait transformer la situation potentiellement défavorable en favorable, mais c’est trop rare pour en faire une arme déterminante. En ne respectant pas l’équilibre d’une distribution logique et d’un premier rideau fort en ligne et en nombre, il se crée un déséquilibre de positionnement favorable aux récupérateurs qui est largement exploité, conséquence de la mauvaise distribution précédente et source de tracas successifs bien plus difficiles à enrayer. On peut en dire tout autant dans la continuité des longues séquences imposées par les Australiens ou derrière les rucks successifs. Aux instants apparents d’équilibre défensif succédaient, du fait de la libération rapide du ballon, des instants de déséquilibre. Si seulement deux essais ont concrétisé la supériorité des Australiens, les pénalités concédés sont là pour montrer combien le jeu offensif était également difficile à enrayer et était synonyme d’une faiblesse de répartition des défenseurs dans les différents rouages. Leurs emboitements logiques, interdépendants simultanés ne se font pas dans une même dynamique et en harmonie de la continuité des situations évolutives.

Les emboitements des rouages défensifs sont aussi fins que les offensifs et relèvent de principes opératoires qu’il s’agit de resituer pour chaque joueur défenseur, à la fois dans le mouvement général mais aussi dans l’implication en position et nombre dans les différents rideaux, surtout le premier qui doit être étoffé dans la largeur en nombre suffisant, comme dans l’action de jeu un contre un. Ce sont ces références communes qui me semblent manquer le plus aux Springboks. L’urgence du travail à réaliser doit se faire dans ce domaine. Ils doivent acquérir une autre représentation de leur système de défense, pas facile quand ce même système vous a conduit aux résultats que l’on connait. Indispensable pourtant s’ils veulent enrayer la spirale de défaites qui va continuer de s’installer avec tous les effets pervers que cela génère à tous les niveaux, y compris le relationnel joueurs – joueurs et joueurs – staff.

Si c’est le cas, ils retrouveront une efficacité offensive qui du fait de cette carence, semble leur manquer aujourd’hui.

L’Australie propose un jeu ambitieux. Il me parait cependant plus "calé" qu’il n’y parait. La conservation du ballon est certes efficace puisque l’on ne perd pas la balle pendant de longues séquences mais elle génère des affrontements individuels par un jeu à une passe qui inévitablement se finit au sol alors que la répartition offensive et les appels de balles dans le même sens, comme en renversement sont suffisamment riches pour créer des mouvement collectifs de pénétration justement par le jeu de passes qui pourrait être mieux utilisé et exploité. C’est un aspect du jeu que maîtrise mieux les Néo-Zélandais.

Dans ce sens, le match de samedi prochain me semble particulièrement intéressant, puisque les deux équipes peu ou prou sont sur le même registre du moins et c’est déjà beaucoup en terme d’intentions. Les staffs respectifs le savent et ne manqueront pas de cogiter sur quelques innovations tactiques et pourquoi pas le choix d’une autre stratégie, une manière d’entretenir les différences. Je peux me tromper mais je pense que chacun restera sur ce qui, jusqu’à présent, lui a permis de répondre à la fois à l’obtention de bons résultats et à la réalisation d’un spectacle motivant pour tous ceux qui jouent et ceux qui regardent, ce qui est déjà plutôt bien.

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Même blessé, Fabien Barcella reste en première ligne ! Chaque mardi, notre consultant de luxe nous livrera ses impressions sur le tournoi des 6 Nations.

 

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