Bravo les petits de la Maison Bleue…
12/06/2010 - 11:13

Bravo les petits de la Maison Bleue…

A midi, ma voisine encore plus charmante en tenue printanière m’aide efficacement dans le déménagement…

A 14 heures, les Australiens accueillent des Fidjiens surprenants en mêlée – peu récompensés dans ce domaine par l’arbitre irlandais M. Fitzgibbon – mais trop déficients en touche et sans organisation défensive. Au centre, notre Rupeni, formes avantageuses, plaquages hauts, mal utilisé dans le registre offensif, souffrote comme au SUA ; les Fidjis ne l’utilisent pas à son poste de prédilection et il se retrouve ainsi dans l’obligation de monter en ligne – Caucau en ligne ! – de suivre trop de coups de pied – le demi de mêlée Vucago nous a fatigués dans cet exercice – et comme le mot obligation n’est pas compris dans le vocabulaire de notre star... N’empêche, ce genre de match ne peut profiter qu’au…SUA : cependant, Rups, grâce à ces rencontres de haut niveau prépare une belle saison pour le grand bonheur des supporters d’Armandie.

Agréable surprise avec la prestation, au poste d’arrière de Taniela Rawaqa ; ce garçon adorable, pensionnaire lui aussi de l’immeuble de la rue Lavoisier, - son fils est né dans l’appartement même, une nuit d’octobre 2009 – n’est resté qu’un trimestre sur les bords de Garonne. Peu utilisé en équipe fanion, promené du centre à l’aile, de l’aile à l’arrière, il était parti finir sa saison à Grenoble sans connaître davantage le bonheur de jouer. Revenu dans son archipel, il nous a gratifiés d’une excellente performance individuelle, comptant avec le monstrueux racingman Qovu, parmi les meilleurs de son équipe. C’est d’ailleurs lui qui a sauvé l’honneur des siens par une pénalité. Toujours apte à la polyvalence, il lui a fallu opérer, par le jeu des cartons jaunes et des blessures, un temps à la mêlée, un temps à l’ouverture. De lui, je garderai le souvenir d’une superbe finale de championnat de France de rugby à 7 disputée à Bayonne, lors d’un week-end d’automne sur le synthétique des Remparts ; il avait fait l’admiration du nombreux public basque – donc initié – enchanté par les pas de l’oie et les jeux de main de cette petite merveille de l’autre bout du monde.

En soirée, les "petits" bleus de France affrontent leurs homologues irlandais sacrés Champions d’Europe 2010 bien que battus, 20-15, par nos coqs à Mazamet, cet hiver. On se souvient que ce jour-là, Mathieu Lamoulie avait marqué après une belle course, un essai décisif. Notre ¾ centre n’en a pas été récompensé car il n’a occupé, à Rosario, qu’un siège sur le banc des remplaçants. Ce sera notre seul léger "couac" de la soirée et il est vrai que les tirs au but de Doussain puis de Bosch et les coups de pied de déplacement de Barthélémy peuvent expliquer les titularisations de ce trio. C’est quand même rédhibitoire dans l’hexagone de notre rugby : Jacques Fouroux et Jacques Brunel qui ne pouvaient surtout pas évoluer en première ligne ont toujours en tant qu’entraîneurs, adoré le jeu des piliers et Philippe Sella, énorme dans le jeu à la main, énorme en attaque et en défense mais peu adepte du pied, privilégie les botteurs !

N’empêche face à des Irlandais toujours aussi fringants et généreux, nous avons fièrement revendiqué d’avoir participé à la formation agenaise. Certes, le pilier droit, Sylvain Abadie, a souffert en mêlée ce qui est un comble quand on s’est forgé le mental sur les oppositions musclées des terrains d’entraînement du Bourrec. Par contre, avec son altruisme et son humilité coutumiers, il s’est battu gaillardement sur tous les rucks et a fait montre d’une activité constante dans les courses de soutien. A l’arrière, Brice Dulin, comme l’a toujours affirmé Christian Lanta : "Lui, il est toujours au point de chute du ballon !" nous a offert une prestation impeccable. Un léger bémol : ce petit coup de pied lobé sur le second rideau, dans nos 22 mètres, qu’il faillit, certes, bien reprendre mais qui tomba dans les "pattes" du 9  vert, à deux doigts de punir notre 15 de son imprudence. Depuis longtemps, les coachs de Brice lui conseillent d’éviter cette prise de risque mais il a tant de classe !

Alexi Bales s’est comporté comme tout demi de mêlée digne du poste, comme le chef dont les Coqs avaient besoin. Il faudra que, dès le mois d’août, les Dupuy, Machenaud, et autre Courrent soient très forts pour barrer la route de la titularisation au gamin de Fumel : bonne passe, jeu au pied judicieux, plaquages efficaces, omniprésence dans le mouvement, le SUA dispose bien d’une perle.

Pourtant, la palme revient au numéro 8, Antoine Erbani, le digne fils de Dominique, héritier donc d’un grand nom du rugby agenais… ce qui lui rend la tâche encore plus mal aisée. Au printemps 2007-2008, j’avais découvert, lors d’un match de fin de saison des Crabos, ce garçon élégant, à l’aise dans le jeu aérien, aux longues enjambées dans le déplacement, assez réticent cependant pour s’immiscer dans les exercices de combat. Je crois bien l’avoir constamment défendu lors de mes trois années passées dans le Lot-et-Garonne, car je suis persuadé qu’Antoine, chaque fois que la barre lui sera placée plus élevée, franchira la hauteur imposée. Par ailleurs, je partageais ce jugement avec Gérald Mayout, responsable de l’Association, Francis Porte, le meilleur sergent-recruteur du club, Henri Cazaubon l’héritier de l’enseignement du rugby à l’agenaise, cher à Charles Calbet. Avec nous, le Président Yves Salesses. Nous n’étions guère plus nombreux, aussi avons-nous bu du petit lait, samedi soir…Il me tarde de voir comment notre protégé franchira les prochains obstacles.

Dimanche après-midi, le RCBB, sur le terrain de Tournefeuille, a su franchir le cap des ¼ de finale, 13-11. Guy, depuis quelque part, nous adresse un clin d’œil jovial.

N’étant plus agenais, je m’aperçois que je ne parle plus que d’Agen. Il faut toujours un peu de temps pour tourner la page d’autant que ma première sortie cycliste albigeoise m’a fait regretter les ombres du Canal. En effet, depuis le Stadium, je me suis lancé sur Puygouzon dont la cote d’accès n’a rien d’une sinécure. La semaine prochaine, je serai Tarnais et Albigeois d’autant que mon ami Georges Vidal m’a offert les œuvres complètes de Jean Jaurès !

En attendant, le Lombez Samatan Club et son équipe de produits locaux réintègrent brillamment la Fédérale 1 en écrasant le Pays de Médoc…et cette fois-ci, pas question de refuser la montée !

P.S : Il est actuellement beaucoup question des femmes tondues au moment de la Libération. Les bénévoles du SCA m’ont offert, la semaine dernière, une superbe casquette – trop Kaki et pas assez noire pour mes ami(e)s ainsi que l’histoire d’Albi en bande dessinée édité par Grand Sud. Dans celle-ci, j’apprends que le chef résistant – le Marquis Charles d’Aragon - est intervenu pour interdire ce genre de punitions publiques particulièrement avilissantes. Une raison de plus pour me plaire dans la ville rose ? Rouge ?

 
 
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